Exode 20-23

Parachiot commentées par Yedidiah Robberechts

pretre mosesaaron Vayaqhel

20 – Tetsaveh

Royaume de prêtres ou royaume avec des prêtres ?

Une fois le sanctuaire décrit dans ses détails, il faut en assurer le fonctionnement par l’intermédiaire des prêtres. On va donc d’abord veiller à les doter de vêtements de fonction (chapitre 28), puis à les investir en bonne et due forme (chapitre 29). C’est en grande pompe donc que doit se faire l’intronisation de ce premier Machiah, puisque les prêtres sont consacrés par une onction d’huile.

Mais un détail n’a pas échappé à nos commentateurs : cette parachah ne comporte pas le nom de Moïse ! C’est bien sûr Moïse qui initie toute cette cérémonie et qui investit son frère Aharon dans sa nouvelle fonction. Mais son nom n’est mentionné nulle part. Comme si le texte voulait nous laisser entendre une certaine réserve de Moïse face à la médiation religieuse du prêtre. Pourquoi ? N’est-ce pas lui-même qui a annoncé au peuple qu’il devait être « un royaume de prêtres et une nation sainte » (Exode 19,6)?

Mais peut-être voulait-il parler d’un royaume de prêtres, et non pas d’un royaume avec des prêtres ? Autrement dit, une fois le sanctuaire en place, chacun aurait dû pouvoir y venir et y fonctionner comme prêtre en fonction des exigences du lieu et du temps. C’est donc l’ensemble du peuple qui aurait dû fonctionner comme prêtre, et pas une petite élite formée et spécialisée en ce sens. Que s’est-il passé pour que ce qui devait être l’apanage de tous soit ainsi réduit à un petit groupe de spécialistes ?

La réponse pour une partie des commentateurs se trouve dans la parachah suivante, avec l’épisode du veau d’or. Mais l’on peut comprendre déjà les craintes de Moïse de la façon suivante : Moïse voulait que tout le peuple devienne capable de relation directe avec la Transcendance (« qui donnera que tout le peuple de la Transcendance soit prophètes » Nombres 11, 29), et pas seulement une élite institutionnelle qui en s’arrogant ce pouvoir sur les autres risquait d’en mésuser et d’en abuser. D’où sa réticence face à cette spécialisation nécessaire : le peuple ne risquait-il pas de se décharger de sa responsabilité face à la Transcendance en la transférant sur le prêtre ? Les prêtres feront bien le nécessaire pour obtenir le pardon, arranger les bidons, et l’on pourra dormir tranquille sans plus trop se poser de questions…

Ne sommes-nous pas trop souvent en proie à ce même problème aujourd’hui : puisque les rabbins sont là, ils pensent pour nous, répondent à tout pour nous, et il suffit de croire en eux pour être sauvé ! Moïse a peur de cet endormissement dans le ronron bien huilé (Machiah !) d’une religion qui nous permet de ne plus penser et de nous croire arrivés en nous déchargeant sur d’autres de notre responsabilité irréductible. Car c’est à chacun de nous que la Transcendance en appelle personnellement, et c’est dans cette recherche d’une responsabilité irréductible que les prêtres peuvent intervenir pour nous aider. Sinon tout risque de tourner à vide et de sonner creux… C’est peut-être pour cela que chaque vendredi soir, en accueillant le Chabat, on chante : « hit’oreri, hit’oreri » ! Réveille-toi Israël, pour que puisse venir ta lumière. 

Chabat Chalom – Yedidiah Robberechts

Eclairer Dieu

Ainsi commence notre parachah : « Et toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils te prennent de l’huile d’olive pure fine pour le luminaire, afin de faire monter une flamme toujours » (Exode 27,20). « Toi », c’est bien sûr Moïse. Et ce qu’il s’agit de demander aux enfants d’Israël, c’est la préparation de l’huile qui sera utilisée pour le chandelier – la Ménorah – qui se trouve dans la tente de la Rencontre et qui doit éclairer de sa flamme l’intérieur de cette tente – le Saint. C’est donc une fonction centrale, puisque cette lumière doit permettre à l’homme de pénétrer dans l’intériorité du sanctuaire et de pouvoir y faire son travail – le travail du prêtre face à la Transcendance.

Or ce qui est étrange, c’est que la Transcendance n’ordonne pas ici elle-même ce qu’elle veut aux enfants d’Israël, mais demande à Moïse de le faire à sa place ! Comme si dans ce cas précis, la volonté divine devait se retirer pour en appeler à la responsabilité de l’homme : il faut que Moïse lui-même prenne sur lui d’engager les hommes à apporter cette huile, pour avec elle et grâce à elle faire monter une lumière toujours. Pourquoi cette dépendance par rapport à l’homme et à son désir ?

Le midrach creuse encore la question en faisant remarquer que Dieu est la lumière du monde, et qu’il n’a donc aucun besoin que nous fassions monter notre lumière à nous devant lui ! C’est nous qui avons besoin de sa lumière – dans l’obscurité de nos vies où nous marchons la plupart du temps à tâtons -, et non lui de la nôtre ! Alors pourquoi cette lumière fragile et humaine – de simples bougies – pour illuminer ce qui est censé être le lieu de résidence de la Lumière du monde ?

C’est que si Dieu n’a pas besoin de notre lumière, il la désire. Et le sanctuaire dans son fonctionnement est le lieu d’expression de ce désir : il la désire au point de faire dépendre de cette lumière la capacité même d’éclairer l’intériorité de son sanctuaire ! Comme si la fonction du sanctuaire était d’exiger de nous de faire émerger cette lumière qui n’appartient qu’à nous et qui seule peut donner sens au sanctuaire, c’est-à-dire au retrait de Dieu dans le Saint des Saints, à son Tsimtsoum entre les deux chérubins. La lumière divine s’est réduite en ce lieu, pour que notre lumière puisse émerger face à elle et éclairer l’autre côté du voile, celui du Saint.

Qu’est-ce que cela signifie ? Tout d’abord, qu’il nous faut travailler le monde, le protéger, le développer, le faire grandir comme on fait grandir un olivier, avec patience, art et générosité, pour ensuite travailler son fruit de telle manière à en faire émerger le suc, la quintessence, le nectar qu’il portait en lui mais que seule notre activité dans la finesse de son discernement peut porter à l’expression.

Une fois ce discernement agi et ce travail abouti, il faut le faire rentrer dans le sanctuaire pour l’élever en le transformant en lumière. Cette transfiguration du travail en lumière est l’avènement du monde au sens au cœur du sanctuaire : désormais l’homme est capable d’éclairer ses propres actes par ce travail d’élévation qui constitue la lumière. Ce sens n’est pas le sens divin qui reste caché et inaccessible derrière le voile du Saint des Saints, mais il y répond et en conditionne l’approche : c’est le sens de l’humain, que Dieu désire en nous y invitant.

On comprend dès lors pourquoi Dieu ne peut pas lui-même ordonner un tel acte : celui-ci doit venir de l’homme et de son désir, de son initiative. Dieu ne peut qu’en appeler à l’homme pour que celui-ci élève son propre sens, sa propre lumière dans le monde, et ainsi donne sens et lumière à la création même de Dieu. C’est le travail de montée de l’homme vers le sens qui donne sens à l’univers que Dieu a créé en se retirant de lui pour en appeler à la lumière humaine.

C’est pourquoi le midrach Tanhouma (Tetsaveh 2) affirmera que la lumière du Temple est préférable à la lumière des astres. Seul le travail de l’homme peut élever la nature à sa vraie lumière, celle où l’humain répond à la lumière divine en donnant sens à sa création. Mais cela suppose l’épreuve du rite, qui fait monter le travail à son sens en le transformant en lumière. Cette lumière est à même d’éclairer le monde : ce n’est plus la lumière du monde qui éclaire l’intériorité humaine en la réduisant à n’être que l’expression de forces qui la travaillent, la dominent et l’annihilent, c’est l’intériorité humaine lorsqu’elle s’élève à la sainteté qui devient capable d’éclairer le monde et de lui donner sens. Le but du désir de Dieu est bien ainsi en se retirant de nous faire surgir à notre propre désir devant Lui, à notre propre lumière et à sa sainteté.

Chabat Chalom – Yedidiah Robberechts

21 – Ki Tissa 

Attention médiation !

Lorsqu’après quarante jours passés au Sinaï, Moïse en redescend, il porte les deux tables du témoignage que la Transcendance lui a offertes. Or dit le texte, « les tables sont l’œuvre de Dieu et l’écriture est une écriture divine, gravée sur les tables » (Exode 32,16). Autrement dit, ces tables sont doublement divines : leur matière est œuvre divine, et l’écriture elle-même n’est pas celle de Moïse, mais celle de Dieu en personne. On ne peut imaginer objet plus exceptionnel et plus précieux! Voilà un bien unique dans l’histoire de l’humain, qui doit faire l’objet de la plus vive attention et du plus grand respect !

Or que fait Moïse en découvrant les enfants d’Israël en train d’adorer le veau d’or ? Il n’hésite pas une seconde : il prend ces tables divines, données par la Transcendance elle-même, les jette par terre et les casse (Exode 32,19)! On se demande quelle folie a soudain pris Moïse – ou quelle fureur – pour qu’il réduise ainsi à néant la preuve de l’existence divine – un objet véritablement divin enfin à notre disposition !

Surtout lorsque l’on sait que ces tables seront définitivement perdues, puisque lorsque Dieu demandera à Moïse de remonter pour recevoir de nouvelles tables, ce sera Moïse lui-même qui devra confectionner ces tables – faites de main d’homme celles-là – et que seule l’écriture y sera divine : « La Transcendance dit à Moïse : taille pour toi deux tables de pierre comme les premières et j’écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as cassées » (Exode 34,1). Quelque chose fut donc irrémédiablement perdu par ce qui semble être un geste inconsidéré de Moïse : ne pouvait-il pas tout simplement poser ces tables et passer sa colère sur autre chose – sur le veau d’or par exemple ? Cela nous aurait permis de préserver ces tables exceptionnelles…

Or la fin du verset que l’on vient de citer nous apprend autre chose. En effet, Dieu dit : « sur les premières tables que tu as cassées ». Il n’était pas nécessaire de rappeler ce que tout le monde sait – parce qu’on l’a déjà dit auparavant – à savoir que ces premières tables ont été cassées ! Cet acte fut assez important pour que tout le monde s’en souvienne ! Dieu aurait donc dû se contenter de dire : « j’écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables », et tout le monde aurait compris. S’il a ajouté : « que tu as cassées », c’est qu’il voulait faire entendre autre chose. Comme dit le Talmud (TB Baba Batra 14b) : « La Transcendance a dit : bravo Moïse d’avoir cassé les tables ! »

Dieu affirme ainsi lui-même que Moïse a bien fait en cassant les premières tables, et que c’est ce qu’il fallait faire dans une telle situation. Pourquoi cet assentiment divin à un geste qui semble de prime abord avoir cassé le divin – ou comme d’autres l’ont dit, l’avoir tué ? A cause de l’idolâtrie. C’est dans la proximité au divin – là où je crois que je puis toucher le divin et donc m’en emparer dans l’évidence d’une préhension – qu’il faut accepter de le perdre et de le casser pour qu’il ne devienne pas cause d’idolâtrie. Car le divin est ce qui par excellence peut empêcher l’accès à la Transcendance et à son appel. Et c’est précisément lorsque je pense qu’un texte est divin que je risque de l’idolâtrer – et donc de le fermer sur un sens fini et définitif qui trahit l’appel infini qui en est la source. Il faut alors le briser pour l’ouvrir ainsi à nouveau à l’appel de la Transcendance qui ne doit cesser d’y résonner en le faisant éclater vers un ailleurs qu’il ne peut contenir. Une écriture – fût-elle divine – est un signe qui renvoie à un plus dont elle ne peut que témoigner sans jamais le contenir.

Moïse est bien ce médiateur incomparable qui nous apprend à nous méfier de toute médiation – fût-elle divine. Il est ce religieux qui nous enseigne à nous méfier de toute religion. Il est cet enseignant incomparable qui nous apprend à nous méfier de tout enseignant… On ne peut que rire d’une telle leçon, car je ne peux l’entendre que si je la prends au sérieux (c’est un enseignement), mais je ne peux la prendre au sérieux que si j’en ris (il faut se méfier de tout enseignement).

L’humour serait-il ce qui nous délivre du divin et de sa tentation idolâtrique, pour nous ouvrir à l’appel de la Transcendance qui n’en a jamais fini de résonner dans les soubresauts physiques de notre existence ?

Chabat Chalom – Yedidiah Robberechts

Médiation et transcendance, quand le drapeau remplace la méditation.

Moïse tarde à descendre du Sinaï. Et le peuple ne supporte pas cette absence du Maître.

Il lui faut un dirigeant tout de suite, sous peine de se liquéfier, et de perdre toute consistance. Il n’y a rien de pire en effet pour une nation que la vacance du pouvoir. Elle est tout simplement terrifiante, car elle risque de voir le peuple se dissoudre dans une anarchie complète, sans plus d’orientation structurante, ordonnante et pacifiante.

Le peuple se tourne alors vers Aharon, le frère de Moïse, non pour lui demander une idole, mais pour lui demander des dirigeants qui remplaceraient Moïse. Le mot « dieux » utilisé par le peuple signifie en effet dans certains cas (Exode 22, 8) les juges, c’est-à-dire ceux qui ont la capacité de structurer et d’orienter la conduite du peuple (cf. la lecture d’Abraham ibn Ezra). C’est pourquoi la demande du peuple est ainsi formulée à Aharon : « Lève toi, fais-nous des « dirigeants » (Elohim) qui marchent devant nous, car cet homme – Moïse – qui nous a fait monter de la terre d’Egypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé » (Exode 32,1).

Et Aharon s’exécute, car rien dans cette demande ne semble illégitime – et tout laisse à penser que, comme le suggère le peuple, Moïse est mort, après quarante jours passés sur la montagne sans manger ni boire ! Il faut donc un nouveau dirigeant, et ce sera un veau d’or…

Jusqu’ici, rien de répréhensible : car si l’acte d’Aharon avait abouti immédiatement à la création d’une idole, il aurait mérité la peine de mort, et sûrement pas de devenir le premier grand-prêtre de l’histoire d’Israël !

Le veau d’or n’est donc pas a priori une idole. Il est comme une constitution ou un drapeau : ce en quoi un peuple reconnaît son unité et qui lui permet d’envisager un avenir viable, parce qu’il lui rappelle ce qu’il vise : la Transcendance.

C’est ce qui permettra à Aharon de dire après la fabrication du veau d’or : « Fête pour la Transcendance demain ! » (Exode 32, 5). Ce veau n’empêche donc pas ipso facto le service de la Transcendance…

Où est donc la faute ? Car faute il y a, et elle va être durement réprimée dans la suite (Exode 32,28).

La faute n’est pas d’instaurer une médiation entre le peuple et la Transcendance pour qu’il puisse retrouver un principe organisateur et directeur.

Non. La faute tient dans l’ambiguïté de cette médiation, qui ouvre la possibilité d’une méprise, c’est-à-dire de l’idolâtrie. Et c’est là une des grandes leçons de ce texte : la médiation, aussi juste et justifiée qu’elle paraisse dans son intention, risque toujours d’être mal comprise et de virer à l’idolâtrie, c’est-à-dire de se voir divinisée. Voilà pourquoi nous ne sommes jamais sortis de cette tentation, et voilà pourquoi on a fait porter la responsabilité de la fabrication de ce qui deviendra une idole à Aharon le prêtre ! Tout le travail du prêtre – et de la religion – se construit au creux de cette tentation, et doit sans cesse lutter contre elle pour viser la sainteté.

Quelle est donc la faute ? Au moment où une partie du peuple (3000 personnes) se mettent à dire : « Voici tes dirigeants (dieux) Israël qui t’ont fait monter de la terre d’Egypte » (Exode 32,4). Le peuple pense apparemment que la force qui a fait agir Moïse lors de la sortie d’Egypte, est désormais présente dans le veau d’or, et remplace complètement la médiation de Moïse : un nouveau Moïse remplace l’ancien, avec une nouvelle loi !

Oui mais voilà : Moïse de son vivant – et même dans sa mort – n’a jamais accepté cette divinisation de la médiation dont il aurait pu faire l’objet. Il a toujours protesté et rendu à la Transcendance ce qui lui revenait : sa transcendance…

C’est pourquoi la médiation de Moïse suppose une grande part d’absence (40 jours !) pour pouvoir se réaliser. Ce n’est pas le cas du veau d’or qui se laisse diviniser sans broncher – en ruminant peut-être…

C’est pourquoi le principe de la médiation doit rester humain, et donc mortel, pour ne jamais être divinisé.

La médiation religieuse est là pour témoigner d’une Transcendance qui la dépasse et qu’elle ne contient pas, malgré le clinquant de son or et l’évidence de sa présence. Elle renvoie à un Autre qu’elle-même, à un appel éthique qui résonne en elle mais qui la dépasse de l’infini de son appel.

C’est parce que le peuple n’a pas été capable d’affronter l’ambiguïté de cette médiation par l’absence, que les prêtres vont se voir chargés à sa place du gardiennage de cette délicate médiation vers l’Infini et vers son appel.

Chabat Chalom – Yedidiah Robberechts

22 – Vayakehel – 23 – Pekoudey

Place à l’intelligence

Cette lecture semble répéter ce qui a été déjà dit dans Teroumah. A quelques détails près, et ce sont ces détails qui sont signifiants. Par exemple, alors que Dieu avait ordonné à Moïse de d’abord construire l’arche, la table et la menorah, et ensuite le sanctuaire, Betsal’el a décidé de commencer par le sanctuaire, pour ensuite y introduire l’arche, la table et la menorah.

On peut apprendre de cela deux choses. D’abord que la Transcendance ne désire pas une obéissance aveugle, brute, mécanique, mais au contraire une écoute attentive qui face à l’exigence divine prend en compte les conditions de possibilités d’application sur le terrain de cette volonté, et la monnaye en fonction de ces conditions et de leur évolution. Autrement dit, la réception humaine du message divin se doit d’être active : l’exigence divine ne doit pas s’imposer telle quelle, mais doit rebondir sur le désir humain qu’elle appelle et suscite pour le faire émerger à sa propre responsabilité et à sa propre dynamique dans le temps et dans l’histoire, pour que puisse être mise en œuvre véritablement la notion d’alliance. C’est le fondement de la Torah orale dans le Judaïsme.

Ensuite, que la réalisation n’égale pas le projet, même si elle s’en approche beaucoup : il y a toujours une distance entre l’un et l’autre, fût-ce comme dans un miroir, où l’un renvoie à l’autre, mais à l’envers et en creux. Et cela permet peut-être de comprendre un des sens possibles du sacrifice, qui en hébreu se dit qorban, ce qui peut aussi se traduire par approche et approximation : toute approche de l’idéal divin ne reste finalement au niveau humain qu’approximation de cet idéal, qui demande dans son faire même à être relancée vers un mieux qui n’est pas encore. C’est peut-être un des sens du fameux Naaseh venichma, nous ferons et nous écouterons (Exode 24, 7). C’est-à-dire que notre faire comme approximation de l’idéal devra relancer notre écoute et notre désir par-delà toute satisfaction et saturation de l’idéal dans un accomplissement, pour que ce projet puisse continuer à retentir en nous comme un appel vivant et actuel.

Chabat Chalom – Yedidiah Robberechts

 

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  • Quinzaine du 8 au 22 décembre 2017
    • Vendredi 08/12 18h30 Kabalat Chabbat avec Yedidiahkiddouch 
    • Samedi 09/12 9h Office du matin avec Yedidiah 
    • Vendredi 15 et 22/12 18h30 Kabalat Chabbat avec Yohanan ou Dinakiddouch
    • Dimanche 17/12 16h Hanoucca party avec Yedidiah – venez nombreux 🙂

     

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